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  • Photo du rédacteurLizzie

Frida Kahlo, l'autoportrait comme remède à la souffrance



A six ans, Frida contractait la poliomyélite, une maladie contagieuse qui envahit le système nerveux et paralyse le corps. Celle-ci lui faisait avoir une jambe moins longue que l’autre qu’elle cachait avec de longues jupes.


Peindre, c’est ce qui la faisait vibrer. Pourtant, Frida a commencé par des études de sciences naturelles car elle voulait devenir médecin. Cependant, un jour, alors qu’elle rentrait après ses cours en autobus, un accident se produisit et après celui-ci elle se mit à peindre sérieusement. L’autobus était sorti de la route et un tramway l’avait percuté faisant des morts et la jeune Frida blessée grièvement. Une barre de métal avait transpercé son abdomen et sa cavité pelvienne, la contraignant à porter pendant neuf mois un corset en plâtre et à avoir des fausses couches. Et ce n'est pas tout ! Sa jambe droite avait subi onze fractures. Son pied droit, ainsi que son bassin, ses côtes et sa colonne vertébrale étaient cassés. Son épaule était démise de ses fonctions. Après tout cela, Frida avait dû subir de très nombreuses interventions chirurgicales l’obligeant à rester couchée sur un lit d’hôpital.


« Je ne suis pas morte et j’ai une raison de vivre. Cette raison de vivre : c’est la peinture. »

La peinture et plus particulièrement l’autoportrait avait été le remède à sa souffrance physique et psychologiques durant toute sa vie. En effet, le fait de se peindre elle-même l’aidait à vivre avec ses douleurs et à accepter son triste sort. C’était une sorte de thérapie qui dépeignait ses maux.




Une femme libre, engagée et courageuse


Frida aimait étudier. D’ailleurs, elle avait appris par elle-même à peindre. Après la découverte de sa polio, elle avait fait de nombreux sports comme de la natation, du football et même de la lutte ce qui était peu commun aux filles de son époque. Elle avait également continué à vivre après son grave accident.


« J’ai eu deux accidents graves dans ma vie. L’un, c’est quand un tramway m’a écrasée. L’autre c’est Diego. » En 1928, Frida rencontrait Diego Rivera, un peintre mexicain mondialement connu pour ses peintures murales. Alors qu’il était de passage à la National Preparatory School de Mexico où la jeune femme étudiait, les deux ont commencé une relation romantique et ont même fini par se marier. C’était une relation très mouvementée. En effet, dès le début, ils ont beaucoup déménagé pour le travail de Diego entre New York, San Francisco et Détroit alors que Frida avait une douleur chronique qui l’immobilisait. Elle peignait alors pour s’occuper l’esprit. Les deux artistes avaient divorcé en 1938 et s’étaient remariés en 1940 à cause des infidélités de Diego. Cela n’avait pas empêché Frida d’avoir fréquenté Léon Trotski, un homme politique russe et d’avoir eu des aventures bisexuelles.


En 1941, elle survivait à la mort de son père avec qui elle était très proche et à ses problèmes de santé. Elle organisait seule des expositions et prenait part à des expositions de groupe.


Dès son plus jeune âge, Frida s’est battue contre les inégalités entre les sexes au Mexique. Elle a défendu l’émancipation des femmes et leurs conditions sociales contre les stéréotypes de genre et les normes de beauté auxquels elles devaient faire face. Aussi, elle assumait ouvertement sa bissexualité. Frida est donc aujourd’hui considérée comme une icone féministe au vu du combat qu’elle a mené et de ce qu’elle représente.

A partir des années 50, sa santé s’était sérieusement détériorée mais l’icone mexicaine n’avait cessé de peindre jusqu’à sa mort en 1954.



Un style unique, un art personnel, entre réalisme et surréalisme ?


L’artiste était à l’époque une référence internationale en matière de mode. Son style vestimentaire était à l’image de sa culture et de son pays « coloré ». Elle assemblait des pièces traditionnelles telles que des robes de Tehuana et des coiffes avec des vêtements étrangers. S’habiller était pour elle un moyen de s’exprimer et de prolonger son art. Parfois, elle portait des costumes d’hommes contrairement aux autres femmes de son époque. D’autres fois, elle aimait se maquiller et porter des bijoux.


« Ma peinture porte en elle le message de la douleur ». Frida a réalisé 143 tableaux dont 55 autoportraits qui dépeignent sa souffrance morale et physique. Les plus connus sont La Colonne brisée, L’autobus, Autoportrait au collier d’épines et colibri, Les deux Fridas, Autoportrait aux cheveux coupés et Autoportrait en Tehuana.


« Ce que j’ai représenté c’est ma réalité ». La peintre a toute sa vie rejeté le surréalisme en peignant toujours ce qu’elle vivait à travers ses peintures et notamment ses autoportraits. « Si je me peins, c’est que c’est le sujet que je connais le mieux. »


Ce qui distinguait Frida des autres artistes de son époque c’est très certainement son « extraordinaire force d’expression », sa « sincérité plastique fondamentale » et sa « faculté d’observation impitoyable » comme le décrivait si bien Diego Rivera qui s’était montré impressionné par les réalisations de la jeune Frida lors de leur rencontre.




Voici les œuvres les plus connues de l'artiste !



L'autobus (1929)


Frida a peint une scène de la vie quotidienne dans un bus mexicain dont le plancher était en bois et les gens colorés. Elle se rendait régulièrement à son école pour étudier les sciences naturelles par ce moyen de transport. Un jour le drame arriva. Un tramway a percuté l’autobus et vous connaissez déjà la suite.




Autoportrait aux cheveux coupés (1940)


A la suite de son douloureux divorce avec Diego, Frida a peint cet autoportrait qui montre qu’elle a rejeté son côté féminin pour accueillir un look masculin avec un costume d’homme et ses cheveux courts qu’elle vient de couper. Elle n’a gardé que ses boucles d’oreilles et ne portent plus de tehuana (vêtement traditionnel mexicain), plus de coiffes, plus de parures qui plaisaient tant à Diego et aux normes de beauté de son époque.








Les Deux Fridas (1939)


Cet autoportrait est le symbole d’une déchirure après le divorce. La Frida de droite, en Tehuana coloré représente l’artiste avant le divorce, la Frida qu’aimait Diego Rivera. Elle tient dans sa main gauche une amulette dans laquelle se trouve le portrait miniature de Diego enfant. Elle paraît sure d’elle et son cœur est intact. Celle de gauche, est vêtue d’une robe blanche en dentelle et bordée d’un teint pâle et fragile. C’est la Frida que Diego n’aime plus. Son cœur a été détérioré par le ciseau qu’elle porte dans sa main droite, le sang coulant sur sa robe blanche. Au fond du tableau, le ciel nuageux représente les tourments de l’artiste durant cette éprouvante épreuve.



La Colonne brisée (1944)


Cet autoportrait est le témoignage poignant du corps dévasté de l'artiste après son accident, alors qu'elle avait 17 ans. Non seulement sa colonne vertébrale s'est brisée mais aussi son bassin et ses côtes étaient touchés. Elle a subit près de huit interventions chirurgicales dans sa vie. La dernière a certainement été la plus atroce puisque l'artiste s'était fait amputée la jambe droite. C'était en 1953. Elle meurt l'année suivante, à l'âge de 47 ans.







L'autoportrait en Tehuana ou Diego dans mes pensées (1949)


Frida s'est montrée le visage triste avec sur le front le portrait de son mari. Cette disposition symbolise l'admiration de Frida pour la sagesse et l'intelligence de Diego










Autoportrait au collier d'épines et colibri (1940)


Cette peinture dévoile à nouveau la terrible douleur de l'artiste tant physique que morale : Le divorce de Diego et ses infidélités, le corset qu'elle devait porter pour maintenir sa colonne vertébrale, ses fausses couches... Frida utilisait de nombreux symboles dans ses peintures. Ici, le colibri noir mort représente l'espoir dans la tradition mexicaine. Les épines qui entourent son cou évoquent ses souffrances et fait référence à la couronnes d'épines du Christ sur la Croix. La libellule en haut à gauche est symbole de résurrection. Le singe apprivoisé a réellement existé et a été offert par Diego. Il tire sur son collier d'épine et alimente ses souffrances. Frida était très superstitieuse. Le chat représente sa dépression et sa malchance. Selon elle, il porte donc malheur et évoque la mort. Pourtant, avec les papillons dans ses cheveux, Frida symbolise encore l'espoir et croit toujours en sa renaissance.



Voilà c'est tout sur Frida Kahlo ! Vous aurez constaté que j'adore cette artiste. J'admire sa peinture, sa personnalité, son combat féministe malgré son destin tragique, les obstacles qu'elle a dû surmonté... Et quel courage ! C'est vous dire qu'une passion, un amour peut nous maintenir en vie mais aussi nous détruire. Tout est à nuancer.


Merci d'avoir lu cet article, entièrement ou en partie ! N'hésitez pas à revenir pour le relire. Il est là pour un moment !


Belle journée les loustics !


Lizzie 😉

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