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La Ferme des animaux, un roman révolutionnaire



I) Résumé du livre


La Ferme des animaux est un court roman écrit par George Orwell et publié à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le récit conté se passe dans la Ferme du Manoir tenue par Mr. Jones et où des animaux travaillent. Un certain 21 juin, les animaux se rebellent et opèrent un coup d’Etat contre Mr. Jones et les hommes. Le fermier et sa famille chassés, le pacifisme entre les animaux règne et on instaure les sept commandements suivants : "Tout deuxpattes est un ennemi. Tout quatrepattes ou tout volatile, un ami. Nul animal ne portera de vêtements. Nul animal ne dormira dans un lit. Nul animal ne boira d’alcool. Nul animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux." Mais certains animaux sont plus égaux que d’autres. Les cochons prennent le dessus sur les autres animaux et se comportent comme leurs prédécesseurs. Très vite Napoléon et Boule de Neige, 2 cochons prennent le contrôle de la ferme et mènent leur propre loi. Désormais, nous voici plongé au cœur de la Ferme des animaux. Napoléon est un dictateur qui exécute ses traîtres, écarte son adversaire Boule de Neige et voit son pouvoir s’accroitre au fil de l’histoire. Il fatigue les autres animaux par un travail épuisant et leur fait miroiter une vie meilleure pour ainsi sans cesse leur faire espérer un rêve inatteignable.




II) Analyse de l’histoire


Tout d'abord, le livre comporte de nombreux vocabulaire que je ne connaissais pas avant.


Laissez-moi vous en présenter quelques-uns !

Péroraison : conclusion d'un discours (p15)

Ahaner : peiner à faire qqch, haleter durant un effort (p70)

Atermoiements : fait de remettre quelque chose à plus tard (p80)

Sédition : soulèvement contre la puissance établie (p93)



Comme le dit lui-même George Orwell dans sa Lettre à Dwight Macdonald du 5 décembre 1946, il a conçu "ce livre en premier lieu comme une satire de la révolution russe." Cette violente révolution fut menée comme un complot par des personnes qui inconsciemment avaient soif de pouvoir et donc avaient remplacé leurs maîtres pour reproduire les mêmes schémas du pouvoir totalitariste.

Le livre est aussi une satire de l’évolution de l’Union Soviétique avec la construction du culte de la personne de Staline. En effet, certains faits décrits dans le roman sont comparables aux évènements de l’histoire de l’Union Soviétique depuis 1917 et ce jusqu’à l’année de parution du livre en 1945.

Tout d’abord, la révolution des animaux qui chassa le fermier Jones et sa famille et qui donna le pouvoir aux animaux de la ferme s’assimile à la révolution russe de 1917 à laquelle le Tsar Nicolas II et sa famille se font chasser de l’Union Soviétique. L'hymne "Bêtes d’Angleterre" fait référence à l’hymne des révolutionnaires d'octobre 1917. On peut voir en la bataille de l’Étable l'intervention internationale face aux bolcheviks en 1918. Le sabot et la corne sur le drapeau de la ferme font penser à la faucille et au marteau adoptés par les révolutionnaires et l’Union soviétique. Le terme "camarade" utilisé dans le livre était également usité par les membres du parti communiste soviétique. Napoléon et Boule de Neige qui luttent l’un contre l’autre pour diriger la ferme correspond à la lutte entre Staline et Trotski après la mort de Lénine. L’éviction de Boule-de-neige rappelle l’exil de Léon Trotski par Staline en 1927. Les animaux pris pour des traîtres par Napoléon et qui sont exécutés, avouent des faits possiblement fabriqués de toutes pièces et cela fait référence aux personnes exécutées aux grands procès de Moscou de 1929 et de 1936-1938. Enfin, on peut mettre en parallèle les rations de nourriture données aux animaux de la ferme avec le rationnement important bénéficié par les cochons et qui correspondent aux famines soviétiques dû au faible rationnement à côté de la vie aisée de Staline.


Le livre traite des questions de société. Par exemple, au début de la page 59 la semaine de trois jours fait référence au travail. C’est très d’actualité car certains pays ont commencé à parler de travailler moins de jours par semaines.

A la page 96, les animaux se rendent compte qu'ils relèvent d’un comportement humain et cruel. A la fin de la page 112 et au début de la page 113, on a une personnification des animaux : "Alors les animaux prennent les hommes en chasse. Ils les traquent jusqu'au bas des champs." Les rôles se voient inversés. Ce sont les animaux qui chassent les hommes et les hommes qui les fuient. Autrement, on a un message de la part de l’écrivain qui laisse entendre que les hommes et les animaux sont semblables. Les hommes peuvent se comporter comme de véritables bêtes dépourvues de sentiments tandis que les animaux peuvent se comporter comme des êtres humains doués de sens, de rationalité et d’esprit.

Selon les principes de l’animalisme dictées par Napoléon et Boule de Neige, les rations données aux animaux ne doivent pas être égales. Les cochons qui représentent l’élite ont le droit d’avoir plus de rations que les autres animaux. Au deuxième paragraphe de la page 120, on peut lire : "Une trop stricte égalité des rations [...] eut été contraire aux principes de l'Animalisme." C’est la loi du plus fort qui l’emporte. En effet, les cochons sont bien plus forts que les volatiles, chevaux et autres animaux.


Par ailleurs, on peut lire à la page 121 : "ils étaient esclaves [...] mais maintenant ils étaient libres [...] Brille-Babil ne manquait jamais de le souligner." En fait, les animaux, avant qu’ils ne prennent possession de la ferme étaient à la merci des fermiers et donc des hommes. Ils travaillaient dur et fournissaient tous leurs efforts pour satisfaire Mr. Jones, le fermier et sa famille. Depuis qu’ils sont maître de la ferme, ils sont « libres ». Cependant, cela est relatif car ils travaillent toujours plus dur et cela pour les remplaçants de Jones, Napoléon et Boule de Neige. On peut donc dire que les animaux ne sont pas vraiment libre puisqu’ils subissent un pire traitement qu’avec Jones.

A la page 138, on peut constater que Napoléon dénigre totalement les avantages humains telles que « la semaine de trois jours, les installations électriques, l’eau courante chaude et froide ». A contrario, « le bonheur, le plus vrai déclarait-il, réside dans le travail opiniâtre et l’existence frugale. » En d’autres termes, Napoléon faisait croire à ses congénères le bien-être qu’il est de travailler de toute son âme plutôt que d’avoir accès à des sources potentielles de bonheur.


En outre, on apprend à la page 144 qu’ "Il n'y avait plus qu’un seul commandement […] "Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d'autres" en majuscule. Cela revient au même traitement pour les rations. Les cochons sont égaux entre eux et on accès au confort alimentaire mais les autres animaux sont inférieurs et n’ont donc pas accès au confort.


"Que pouvait-il bien se passer là-bas, maintenant que pour la première fois hommes et animaux se rencontraient sur un pied d'égalité ? […] Autour de la longue table, se tiennent une douzaine de fermiers et une demi-douzaine de cochons entre les plus éminents". (page 145). Le nombre d'hommes est supérieur mais les cochons valent 2 hommes donc il y a une égalité à la table. En effet, les cochons ont quatre pattes et sont plus forts, "plus éminents".

"Napoléon lui-même préside, il occupe la place d'honneur au haut bout de la table." Les animaux, à ce moment-là du livre, se montrent et se trouvent clairement en supériorité faces aux fermiers. A l’évidence, les fermiers sont dans la Ferme des animaux, une ferme désormais dirigée, employée et occupée par les animaux eux-mêmes.

Par ailleurs, le nom du chef des animaux Napoléon est pris de celui d’un homme politique français, qui avait la réputation d’en imposer. On comprend bien alors l’enjeu de l’avoir nommé ainsi. Napoléon est respecté tout le long de l’histoire et cela peu importe le fait que ce soit un tirant.


A la page 146, on a une personnification des cochons : "On avait joué aux cartes" "un toast va être porté" "chacun remplit sa chope". Cela montre à nouveau que les animaux sont égaux aux hommes car ils sont confondus dans les pronoms « on » et « chacun ».

"On avait le sentiment qu'une ferme que s'étaient appropriée des cochons et qu'ils exploitaient était en quelque sorte une anomalie, susceptible de troubler les relations de bon voisinage". Cette situation semblait anormale aux yeux des fermiers mais les animaux ont réussi à réaliser cela. La ferme est donc unique et la situation qui s’y présente est totalement exceptionnelle.


"Napoléon et Mr. Pilkington avait abattu un as de pique en même temps. […] il était impossible de distinguer l'un de l'autre" (page 151). La partie de carte met un point d’honneur à l’égalité entre les animaux et les hommes. Elle dévoile l’impossible de faire la distinction entre les hommes et les cochons. Les animaux ont alors gagné leur tentative d’égalité entre les hommes et les animaux bien après leur révolution. Ils sont donc aussi cruels et avides que les hommes le sont.




III) Mon avis


Au début, j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire bien que la traduction du livre soit fluide. En effet, bien qu'étant bonne lectrice, je n'ai pas l'habitude de lire ce genre de livre. Je n'ai donc pas directement lu régulièrement les premiers chapitres. Cependant, plus l'histoire avançait et plus je me suis surprise à apprécier ce que je lisais et à lire beaucoup plus souvent.

Georges Orwell est un avant-gardiste pour son temps et son œuvre est révolutionnaire comme la société de la Ferme des animaux qu'il décrit dans son histoire.

En lisant le résumé de l’histoire au dos du livre, je ne me suis pas doutée une seconde de la grandeur de cette œuvre. Georges Orwell dénonce le totalitarisme avec style et en assimilant les hommes aux animaux. Quelle idée fantastique ! Il y a plusieurs niveaux de compréhension mais les enfants sont aussi capables de les comprendre.


Je vous conseille fortement de lire ce livre même si vous ne lisez pas ce style comme moi habituellement car vous risquez d'être aussi surpris. Peut-être qu'à l'instar de moi vous aurez du mal à vous y plonger mais croyez-moi vous apprendrez des choses ou cela vous divertira.

Le livre ne fait que 150 pages à peu-près, vous ne perdrez rien mais vous gagnerez en connaissances littéraire et historique.

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